de tout et de rien, en vrac
Esperluette.
Esperluette, quel mot joli !
Une ville ? Une île ? Un pays ?
Partons à Esperluette, mon ami !
Cela te fait rire. Tu me dis nenni.
Est-ce un rêve d’amoureux ?
Une fleur rare ? un oiseau fabuleux ?
Tu te moques de moi,
Je le vois dans tes yeux,
Je vais trouver, crois-moi !
Une forêt mystérieuse ?
Une mer ? Une femme rieuse ?
Arrête de me contredire !
Existe-t-il réellement,
Ce mot si charmant ?
Tu me réponds « et »
Que veux-tu dire avec ton « et » ?
Esperluette « & » sur un clavier ?
Impossible l’ami ! Pour moi,
Esperluette sera tout à la fois
Ville, ile, pays ,fleur , femme, forêt,
Car c’est un mot qui fait rêver !
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Femme de serf
Belle, joliment vêtue de dentelles et de rubans,
Gambadant à la poursuite de moutons blancs,
Damoiselle à laquelle on dédie des vers galants,
L'ai-je jamais été?
Formée à l'obéissance dès mon plus jeune âge,
Je n'ai point épousé l'homme que j'aimais,
Mais bien celui auquel ma famille me destinait,
Il m'a fait des enfants que je n'ai point désirés.
Peu m'en sont restés, car famine et maladie
Me les ont enlevés avant qu'ils n' aient grandi.
Je suis encore jeune, mais ma peau est flétrie
D'avoir été trop souvent exposée aux intempéries.
Hiver comme été, je suis bien occupée
A ramasser tout ce qui peut être mangé,
Travaillant dans les champs toute la journée,
Mes doigts sont usés, mon dos est courbé.
Mes mains ne savent pas écrire,
Mes yeux n'ont point appris à lire,
Quand je vais à l'église entendre des sermons
J'apprends que, de mes péchés, je dois me repentir.
Quand mon époux survient pris de boisson,
Je dois courber l'échine, ne jamais dire non,
Le prêtre l'a dit sous peine de sanction,
Je suis femme de serf, telle est ma condition!
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Oublier?
Assis à la taverne l'autre soir,
J'ai rencontré un petit homme
Qui ne fit mine de m'apercevoir,
Il contemplait son verre comme
Si c'était son dernier espoir!
Perdu dans un rêve
Qui n'appartenait qu'à lui,
Il buvait sans trêve......
Boire apporte-t-il l'oubli?
Comment ferais-je pour oublier
Moi qui ne boit jamais?
Oublier! comme j'aimerais oublier!
J'aurais du oublier de naître!
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mon île.......
Bien que demeurant en ville,
J'habite une île,
Une île bien déserte,
Une île nommée Solitude,
Moi seule en connaît latitude et longitude!
Sur cette île si déserte,
Un palmier, du sable, des rochers,
Voici mon décor planté!
Sur mon île qu'ai-je emporté?
Mes crayons et du papier,
Des feuilles et des feuilles par milliers.....
Seule? suis-je vraiment seule?
Non, jamais je ne suis seule,
Les mots me sont de fidèles compagnons,
Qui défilent en rang serré,
A la pointe de mon crayon....
Ils animent mes journées,
Me font vivre mille destinées,
Et, je fais des rêves éveillés!
Mon île est si petite! j'y vois un continent
Que je traverse à dos d'éléphant,
Il n'y pousse qu'un palmier
Je découvre une forêt,
Peuplée d'elfes, de nains,
De fleurs chatoyantes dont je remplis mes mains,
Je plonge du haut des rochers
Dans une eau limpide, je me laisse flotter,
Tel un oiseau, je m'envole vers ces nuages-chantilly
Qui me cachent un soleil de midi,
Le sable s'écoule entre mes doigts c'est un trésor
Que garde un fabuleux dragon d'or!
Dans mon île, il n'est rien que je ne puisse faire,
S'il me reste les mots ...................
Azzzzzzz